COSMORAMA 2017

[FR]

Vidéo 4K, son 5.1
21 min


Produit par Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains
Avec le soutien de Neuflize OBC

[EN]

4K Video, 5.1 sound
21 min


Produced by Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains
With the support of Neuflize OBC









DIRECTOR OF PHOTOGRAPHY RODOLPHE SOUCARET | CAMERA ASSISTANT MAXIME BEAUQUESNE | GRIP ARTHUR EHRET |  LOCATION MANAGER AMAURY SANTANA MARRERO | LOCATION SCOUTING THOMAS OZOUX D.O.P | EDITING HUGO DEVERCHÈRE | COMPOSITING SYLVAIN COISNE | COLOR GRADING BAPTISTE EVRARD | SOUND DESIGNER & MIXER DAVID MERLO


SYNOPSIS [FR]

Cosmorama observe le monde tel qu’il ne nous apparaît pas, rendant visible une strate inaccessible du spectre lumineux. Ce film interroge nos perceptions, nos représentations et tente de réintroduire les notions d’inconnu, d’incertitude et d’étonnement dans notre rapport au monde.


Tourné aux abords d’un observatoire, dans un désert de lave - où la Nasa a testé le rover Curiosity avant de l'envoyer sur Mars - mais aussi dans une forêt qui témoigne de l’état de notre continent il y a 50 millions d’années, le film utilise un procédé d’imagerie infrarouge avec lequel les astronomes observent habituellement les objets du « ciel profond » tels que les planètes, nébuleuses et trous noirs situés en dehors de notre galaxie : l'espace filmique recompose un microcosme. On y entend des sonorités elles aussi imperceptibles, qu’il s’agisse de la transposition du rayonnement de corps célestes dans le domaine audible ou de la captation des vibrations qui traversent certains des éléments filmés. Le film crée les conditions d'une expérience sensible et collective de la désorientation, du bouleversement des échelles spatiales et temporelles.


SYNOPSIS [EN]

Cosmorama observes the world as it does not appear. Conceived like a journey from our close environment to the distant and unknown horizons of the cosmos, it reveals an imperceptible stratum of the light spectrum. The film questions our common perceptions and representations, it reintroduces notions such as the unknown, the uncertainty and oddity in our relationship with the world.


Shot in the surroundings of an observatory (in a lava desert where the NASA recently tested Martian rovers) and in a primitive forest which gives us an overview of the state of the world 50M years ago, the film uses a near-infrared imagery process with which astronomers usually observe the deep reaches of the universe. It also makes audible the light pulsations emitted by distant stars and galaxies by transposing radio-telescopes data into sound. By disrupting our usual spatiotemporal markers, Cosmorama allows the emergence of a sensitive and collective experience of pure perception.












TXT [FR]

Embarquement immédiat pour un voyage dans le territoire irréel de Cosmorama. Hugo Deverchère, diplômé du Fresnoy en 2018, capture le spectre de l’invisible à travers l’objectif de sa caméra infrarouge haute définition, la même que celle utilisée par les astronomes pour observer les planètes. Et le paysage en noir et blanc qu’il donne à voir semble bien extraterrestre. Fiction en 3D ou images scientifiques ? Les plans qui s’enchaînent sont bien plus familiers qu’on ne le croit…


Cosmorama, c’est avant tout la représentation d’un territoire : celui de l’île de Tenerife, dans l’archipel des Canaries, habité d’extraordinaires paysages minéraux. Les 23 minutes de film hypnotisent, tant la caméra glisse sur des étendues surréalistes où l’horizon semble avoir déserté… Car dans l’espace, il n’y a pas d’horizon. Basculement, inversion : les repères sont totalement brouillés par le mouvement constant de l’objectif.

À Tenerife se trouve aussi l’un des plus grands observatoires astronomiques d’Europe, lequel apparaît, majestueux, dans le seul plan fixe du film. Hugo Deverchère connecte ainsi le terrestre et le spatial. Il tente de filmer le paysage comme les astronomes scrutent le ciel, pour offrir une balade en apesanteur dans les déserts et les forêts d’une île en bichromie. La bande-son, elle aussi, nous embarque dans ce voyage cosmique, lent et contemplatif : des bruits émis par la matière elle-même, car dans l’espace il n’y a pas d’air pour propager les ondes sonores.

Présenté dans l’exposition collective Le Rêve des formes au Palais de Tokyo en 2017, à l’occasion des 20 ans du Fresnoy, Cosmorama fait partie d’une installation où cyanotypes et film sur grand écran se répondent pour une expérience immersive et stupéfiante dans la matière.

︎ Louise Vanoni, Beaux Arts Magazine, Octobre 2018

TXT [FR]

Rendre visible ce qui échappe à la lumière, c’est aussi ce que poursuit Hugo Deverchère. Il y a un point – expérimental, irradiant – où l’art coïncide avec la science, où la caméra se confond avec le télescope. Ainsi de l’installation Cosmorama, qui nous invite à entrer dans cette frange du réel qu’aucun œil ne parvient à atteindre.


Les images filmées et photographiées par l’artiste nous entraînent dans l’apesanteur de déserts et de forêts qui semblent appartenir à une autre planète; il s’agit bien de la Terre, mais vue comme on ne l’avait jamais vue – vue comme il n’est pas possible de la voir : le ciel et les étendues d’eau sont noirs, la végétation est blanche ; les paysages, les matières ont une consistance lunaire.

En effet, tout est vu en infrarouge-proche, comme lorsque les astronomes filment les galaxies, c’est-à-dire avec des moyens qui permettent d’accéder aux rayonnements.

Je contemple en apesanteur une sorte de matière noire de la nature : voir soudain apparaître cette pellicule impalpable qui flotte au-dessus des pierres de lave, qui enveloppe les étendues de feuillages, cette poudre de cristal qui échappe au spectre visible nous ouvre à une nouvelle perception du monde – à une vision cosmologique de la Terre.

Et me voici propulsé dans la trame de l’invisible, au cœur des champs magnétiques, dans les méandres de l’espace numérique. [...]

︎ Yannick Haenel, Extrait du catalogue de l’exposition Roman - Panorama 19, Commissariat Jean de Loisy, Le Fresnoy - Studio national des arts contemporains, 2017


© hugo deverchère 2019